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Lycées bloqués en Haute-Garonne, la mobilisation continue

Ozenne et Saint-Sernin filtrent leurs entrées, Paul-Sabatier annule des examens, et le ministère promet 3 000 remplaçants : le point à Toulouse au 9 octobre.

Lola Estrade Par Lola Estrade
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Lycées bloqués en Haute-Garonne, la mobilisation continue
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À Toulouse, la mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi 9 octobre. Les lycées Ozenne et Saint-Sernin restent bloqués, avec des entrées filtrées, tandis que l’université Paul-Sabatier a dû annuler des examens. Dans le même temps, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a annoncé l’envoi de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus en difficulté.

En bref

  • Les lycées Ozenne et Saint-Sernin restent bloqués, avec des entrées filtrées, tandis que l’université Paul-Sabatier a dû annuler des examens.
  • Le même jour, à Muret, quatre jeunes ont été interpellés par les gendarmes aux abords du lycée Aragon.
  • Ils évoluent d’heure en heure, et la situation de chaque lycée peut changer d’une journée à l’autre.

Une mobilisation partie des moyens et des conditions d’accueil

Selon La Dépêche, la préfecture a compté plus de 13 500 personnes dans les rues de Toulouse mardi. Les lycéens exigent plus de moyens pour remplacer les enseignants absents, un meilleur accueil dans les locaux et l’abandon de Parcoursup, la plateforme d’orientation post-bac.

Un exemple concret vient du lycée Ozenne. Les professeurs de sciences de la vie et de la Terre expliquent que le laboratoire n’a plus de personnel technique depuis le 1er septembre 2026, la titulaire du poste étant en arrêt maladie prolongé à la suite d’un accident. À leurs yeux, ce cas illustre ce que demandent les élèves : que les personnels absents soient remplacés.

Ce que l’on constate ce vendredi à Toulouse

Au lycée Ozenne comme à Saint-Sernin, les lycéens ont installé des barrages filtrants aux entrées principales. L’accès aux établissements reste possible par des portes secondaires.

À l’université Paul-Sabatier, l’accès aux bâtiments U1 et U2 est bloqué. Les épreuves prévues dans ces lieux sont annulées, tout comme celles qui devaient se tenir dans les bâtiments U3, U4, U6 et 3A.

Les jours précédents en Haute-Garonne

Mercredi, de nouveaux blocages ont eu lieu à Toulouse et 18 jeunes ont été interpellés, d’après La Dépêche. Au lycée Ozenne, le blocage a duré toute la matinée sans heurts, alors que la situation était plus tendue au lycée Bellevue et devant le lycée hôtelier.

Jeudi 8 octobre, un rassemblement autorisé s’est tenu devant le rectorat, à l’appel d’une intersyndicale de l’éducation. La préfecture a compté 3 000 personnes. Une délégation de lycéens et d’étudiants devait être reçue par le recteur. Louise et Noam, élèves de terminale à Saint-Sernin et à Ozenne, voulaient lui demander des rénovations adaptées, du respect et que les lycéens ne soient plus gazés. Ils réclamaient aussi une réforme de Parcoursup.

Le même jour, à Muret, quatre jeunes ont été interpellés par les gendarmes aux abords du lycée Aragon. À Saint-Sernin, des élèves qui participaient à un blocus pacifique ont découvert un sac contenant trois cocktails Molotov. Le proviseur l’a remis à la police.

La réponse du ministère et le tableau national

Selon Midi Libre, Édouard Geffray a indiqué que 3 000 enseignants remplaçants seraient envoyés « dans les heures et les jours qui viennent » vers les lycées les plus en difficulté. Sur les 3 700 lycées de France, 141 établissements restaient fermés.

Ces annonces ne convainquent pas les représentants lycéens. Louis Letoublon, du mouvement Lycéens !, juge satisfaisantes les mesures sur la seule démocratie scolaire, mais pas le reste, et attend « des chiffres, des moyens concrets » sur la rénovation du bâti scolaire. Marius Mesnil, de l’Union syndicale lycéenne, parle de « quelques miettes » et réclame la suppression de Parcoursup. Il appelle lycéens, parents d’élèves et travailleurs à bloquer les établissements et à manifester mardi.

Le porte-parole de Marine Le Pen, Laurent Jacobelli, a de son côté estimé que cette annonce revenait à une « légitimation de la violence » observée en marge des manifestations.

Le maintien de l’ordre en question

Depuis le 28 septembre, plus de 7 000 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre, rapporte Midi Libre. Sur franceinfo, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, s’interroge sur ce nombre d’interpellations. Elle juge « extrêmement inquiétant » qu’il ait fallu un adolescent de 15 ans à la main arrachée pour que l’emploi des grenades assourdissantes soit suspendu. Pour elle, la question de fond n’est pas l’outil Parcoursup mais l’accompagnement des jeunes.

À Paris, l’IGPN a ouvert une enquête après la diffusion d’une vidéo où l’on voit, place de la Bastille, un policier frapper d’un coup de genou le visage d’un manifestant. Depuis les débuts du mouvement lycéen, le parquet de Paris a lancé cinq enquêtes confiées à l’IGPN. Ces éléments sont rapportés par Midi Libre d’après BFMTV.

Les chiffres et les déclarations cités ici proviennent de la presse régionale et de leurs auteurs. Ils évoluent d’heure en heure, et la situation de chaque lycée peut changer d’une journée à l’autre.

Photo : Abdoucondorcet / Wikimedia Commons

Lola Estrade

Le courant des quartiers

Lola Estrade

Lola Estrade a été chargée de communication pour une salle de concerts toulousaine, puis programmatrice d'un petit festival de quartier. Elle tient pour Blog Toulouse l'agenda et la rubrique culture : expositions, spectacles, marchés, fêtes de quartier et sorties gratuites. Elle vérifie chaque date et chaque tarif auprès des organisateurs avant publication.

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