À Toulouse, une octogénaire vit volets clos depuis six ans à cause des pigeons
Au Mirail, une octogénaire de 87 ans vit volets clos pour fuir les odeurs de fientes. Son bailleur a sollicité un médiateur et envisage un contentieux.
En bref
- Dolorès Robles, 87 ans, laisse les volets d’un balcon fermés au Mirail pour éviter les odeurs.
- Le voisin du troisième étage est suspecté de nourrir les pigeons, sans confirmation.
- Le bailleur évoque pics, médiation et possible procédure en contentieux.
- Nourrir les pigeons est interdit et sanctionné par le Règlement sanitaire départemental.
Depuis six ans, Dolorès Robles, 87 ans, garde quasiment toujours fermés, été comme hiver, les volets de l’un de ses balcons. Cette locataire du Mirail, à Toulouse, cherche ainsi à éviter les odeurs des fientes de pigeons qui recouvrent cet espace extérieur. Son témoignage a été rapporté par La Dépêche.
Un balcon envahi, un logement qui reste clos
Dolorès vit au 3, rue Ferdinand Laulanié, dans le quartier du Mirail. Murs, fenêtres, sol et muret de son balcon sont jonchés de fientes épaisses. Marcher lui est difficile : elle passe donc l’essentiel de ses journées à l’intérieur, volets baissés.
Elle décrit ainsi l’origine du problème : « Les pigeons se réfugient sur le balcon du voisin du troisième étage qui ne les chasse pas. Résultat : les fientes des oiseaux se retrouvent ici ». Sa santé est aussi en cause. « Je n’ai plus que la moitié des bronches, je n’en peux plus », dit-elle.
Son fils Laurent affirme que sa mère est entrée en dépression. Il évoque aussi une opération subie il y a cinq ans et une fragilité pulmonaire. Ces éléments reposent sur le témoignage de la famille, sans confirmation médicale.
Pourquoi le dossier n’avance pas
Selon Laurent, le voisin concerné est le frère du propriétaire et présente des fragilités ; les courriers du bailleur ne lui sont donc pas adressés. Dolorès paie 480 euros de loyer mensuel et rencontre le bailleur social, Toulouse Métropole Habitat, à raison d’une visite par mois. Réponse reçue, d’après Laurent : « On nous dit que le dossier est en cours ».
Une voisine a lancé une pétition il y a un an et demi, devant la présence croissante des pigeons. D’après Laurent, aucun retour n’est venu.
Un filet, installé dans d’autres appartements, serait ici impossible, explique la famille : le mur du balcon est légèrement décalé. Laurent propose plutôt une petite avancée destinée à empêcher les fientes de tomber sur le rebord, ainsi qu’une régulation de la population de pigeons.
Ce que répond Toulouse Métropole Habitat
Le bailleur ne nie pas les nuisances subies par Dolorès. Il juge que la question excède largement son périmètre d’intervention, la lutte contre la prolifération des pigeons engageant de nombreuses parties prenantes et le quartier étant largement touché. Il indique :
- contribuer au plan d’action de la collectivité ;
- poser des pics là où c’est possible ;
- interdire aux locataires de nourrir les pigeons ;
- avoir été alerté par Dolorès en août, puis l’avoir fait recevoir par le responsable de secteur.
Ses équipes ont tenté de joindre le locataire suspecté de nourrir les oiseaux, par appels, visites répétées et courriers recommandés, sans réponse. Que ce locataire nourrisse les pigeons n’est que suspecté. Le bailleur a demandé l’intervention d’un médiateur extérieur et annonce qu’il engagera une procédure en contentieux si cette médiation n’aboutit pas.
Il ajoute que le bâti de la résidence complique la tâche et que les pigeons trouvent le moyen de s’installer ailleurs. Il reconnaît aussi que Dolorès est d’autant plus touchée que le voisin habitant deux étages au-dessus du sien est suspecté de nourrir les oiseaux.
Photo : Miguel Á. Padriñán / Pexels
