À Croix-Daurade, une octogénaire piégée dans sa voiture par un faux accrochage

Un homme masqué en trottinette l’accuse d’un accrochage, monte dans sa voiture et lui réclame de l’argent. Elle a donné ses espèces, et son message est clair.

Rachid Belaïd Par Rachid Belaïd
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À Croix-Daurade, une octogénaire piégée dans sa voiture par un faux accrochage
Photo d’illustration. Une trottinette électrique stationnée à proximité d’un véhicule automobile.

En bref

  • Le vendredi 9 octobre, vers midi, une Toulousaine de 84 ans a été abordée en voiture à Croix-Daurade.
  • Un homme en trottinette l’accusait d’un accrochage et a exigé 200 euros.
  • Elle ne lui a remis que ses 35 euros en espèces.
  • Un signalement a été déposé auprès du dispositif de participation citoyenne de la mairie.

Face à un inconnu qui affirme que vous l’avez heurté, mieux vaut ne pas quitter précipitamment votre voiture. C’est le message d’Évelyne, 84 ans, dont La Dépêche a publié le témoignage le 19 octobre. Encore sous le choc, cette Toulousaine raconte comment une simple accusation d’accrochage a tourné à l’extorsion dans son propre habitacle.

Une accusation lancée par la fenêtre

Le vendredi 9 octobre, vers midi, Évelyne conduit dans le quartier Croix-Daurade, sur la rue Simone Boudet. Un individu juché sur une trottinette électrique la rejoint à son niveau, puis lui indique d’un geste qu’elle doit stopper son véhicule. Tout de noir habillé, il porte un casque ainsi que des lunettes de ski qui lui cachent les traits.

À travers la vitre ouverte, il lui reproche de l’avoir percuté un peu plus loin sur la chaussée et d’avoir brisé son clignotant. Étonnée, la conductrice doute d’avoir touché quoi que ce soit. Elle suggère malgré tout d’établir un constat amiable, pourvu que les deux parties soient assurées.

Elle range sa voiture le long du trottoir, puis sort examiner les dommages. Aucune marque d’impact n’est visible à ses yeux. La proposition de constat, formulée avec la condition d’une assurance pour chacun, montre qu’elle cherchait à régler la situation dans les règles, sans céder d’emblée à l’accusation.

Le piège se referme en quelques gestes

C’est à ce moment que la situation bascule. Les actes de l’homme s’enchaînent dans l’ordre suivant :

  1. Pendant l’inspection : profitant de l’absence d’Évelyne, il s’introduit dans l’habitacle, côté passager.
  2. Face à sa demande de sortir : il refuse de bouger et veut régler l’affaire entre eux, en écartant les assureurs. La conductrice s’y oppose.
  3. Après le refus de la conductrice : il prétend téléphoner à son assureur pour connaître le coût des réparations. L’appel paraît fictif, l’homme semblant inventer les paroles d’un interlocuteur qui annoncerait 200 euros à payer. Il réclame ensuite cette somme.
  4. Sous la pression : coincée derrière son volant, son sac à main sur les genoux, Évelyne explique ne pas posséder un tel montant et lui demande à plusieurs reprises de descendre. Il s’obstine, et la situation devient de plus en plus anxiogène pour l’octogénaire.
  5. Dénouement : elle ouvre son portefeuille et précise n’avoir que 35 euros en espèces. L’homme saisit les billets et quitte enfin la voiture.

La somme exigée était donc de 200 euros, mais seuls 35 euros ont été remis.

Un témoignage pour prévenir les autres

Secouée, Évelyne a dû patienter quelques minutes pour reprendre ses esprits avant de regagner son domicile. Elle raconte sa mésaventure pour que d’autres automobilistes, notamment les plus vulnérables, ne tombent pas dans le même piège.

Sa consigne tient en une phrase : en cas d’accusation d’accrochage, ne pas descendre précipitamment du véhicule. Dans son cas, c’est précisément la sortie de la voiture qui a laissé à l’homme l’occasion de s’installer côté passager.

Une alerte a par ailleurs été transmise au programme « Lutte contre les cambriolages », rattaché à la participation citoyenne de la mairie de Toulouse.

Illustration générée par IA

Rachid Belaïd

Le courant des quartiers

Rachid Belaïd

Rachid Belaïd a été chargé de mission dans une chambre consulaire de Haute-Garonne, au contact des commerçants et des petites entreprises. Il suit pour Blog Toulouse les quartiers et l'économie locale : ouvertures et fermetures de commerces, emploi, aéronautique, rénovation urbaine et vie des faubourgs. Il habite depuis vingt ans aux Minimes et fait son marché à Arnaud-Bernard.